Réalisée dans la plus grande discrétion, une réforme législative risque de comporter des effets particulièrement importants pour les dirigeants des personnes morales.![]()
l'Article 54 de la Loi du 9 mars 2004 - dite loi « Perben Il » - abroge la disposition de l'article 121-2 alinéa 2 du Code pénal, qui prévoyait la responsabilité pénale de la personne morale « dans les cas prévus par la loi ou le règlement ».
Le principe de spécialité disparaît
Désormais, toutes les infractions commises pour le compte d'une personne morale par ses « organes ou représentants» (sauf en matière de presse ou de communication audiovisuelle) seront susceptibles d'engager sa responsabilité pénale.
Au niveau des peines, les conséquences ne sont pas minces. Outre la dissolution de la personne morale, le quantum des peines d'amende prévues par l'article 55-1 de la loi du 9 mars 2004 peut atteindre le quintuple de celui qui est encouru par les personnes physiques au titre de la même infraction.
Le second alinéa nouveau dispose que « lorsqu'il s'agit d'un crime pour lequel aucune peine d'amende n'est prévue à l'en-contre des personnes physiques, l'amende encourue par les personnes morales est de 1.000.000 d'euros ».
Enfin, comment ne pas mentionner le problème des risques
de cumul de condamnations entre les sanctions administratives et,
désormais, les condamnations pénales?
Autres problèmes posés par la généralisation de la responsabilité des personnes morales
C'est en fonction des textes et de la jurisprudence que les praticiens du droit vont devoir apporter rapidement un éclairage sur les points suivants :
Tels sont rapidement exposés quelques-uns des aspects de la problématique qui, à partir du 1er Janvier 2006, risque d'« interpeller» tout dirigeant, quelle que soit la taille de son entreprise...
Me Daniel Tarasconi, membre du Conseil de l'Ordre, responsable du groupe « Droit pénal des affaires» à l'Ordre des avocats (04 91 15 31 13), Nouvelles Publications n°9349, novembre 2005
L'existence d'un contrat de travail implique un lien de subordination et donc, un pouvoir de direction et de contrôle de l'employeur. Dès lors, dans le cadre du travail, si le salarié ne fait que respecter les directives, il ne doit pas avoir, en principe, à supporter les conséquences de ses actes.
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